New York : une famille de chouettes effraies niche à Manhattan, une première
Des effraies des clochers ont élevé leurs petits dans un château d'eau de Manhattan, à deux pas de Central Park : selon le Cornell Lab of Ornithology, aucun nid n'y avait jamais été documenté. Une belle histoire qui rappelle ce dont cette chouette a besoin en ville, à New York comme en France.
Des effraies dans un château d'eau de Manhattan
Depuis le début du mois de septembre, des habitants de l'Upper West Side, à New York, entendaient des cris étranges la nuit. Le 6 octobre, une riveraine a raconté à un média local avoir vu plusieurs chouettes sur le château d'eau d'un immeuble de la 75e Rue Ouest, tout près de Central Park. Il s'agit d'effraies des clochers, une chouette nocturne très rarement vue en ville.
D'après l'agence AP, un ornithologue amateur de Manhattan a compté au moins un adulte et cinq jeunes à l'envol, et a vu un adulte rapporter des rongeurs au nid. Deux adultes seraient présents, et certains photographes évoquent six jeunes. Chaque soir, curieux et photographes se rassemblent pour les observer.
Pour Andrew Farnsworth, du Cornell Lab of Ornithology, il s'agit du premier nid d'effraie documenté à Manhattan à l'époque moderne. Le service des parcs de la ville souligne que ces chouettes y sont très rarement observées, et l'administration environnementale de l'État de New York décrit un déclin de l'espèce jugé alarmant.
Pourquoi cette histoire parle aussi de la France
En France, l'effraie des clochers est une voisine familière des villages et des bourgs. Elle se reproduit dans presque toute la France métropolitaine, Corse comprise, et niche volontiers dans les bâtiments : clochers, pigeonniers, greniers. Une fiche de suivi de la LPO Champagne-Ardenne estime sa population entre 20 000 et 50 000 couples nicheurs, et la classe en déclin.
La première cause identifiée par la LPO est la raréfaction des sites de nidification. Lors des rénovations, les ouvertures des greniers et des clochers sont souvent fermées, et la chouette perd son logement. S'y ajoutent l'appauvrissement des paysages agricoles, les collisions avec les véhicules la nuit, les lignes électriques, les cheminées ou bâtiments dans lesquels elle reste piégée, et les noyades dans les abreuvoirs.
À New York, une habitante interrogée par AP espérait que les chouettes ne mangent pas de rats empoisonnés. Cette inquiétude est fondée : une synthèse scientifique publiée par l'USGS rappelle que les rapaces peuvent s'intoxiquer en mangeant des proies qui ont consommé des raticides anticoagulants, au point parfois d'en mourir.
Des nichoirs pour loger les chouettes
La bonne nouvelle, c'est qu'un logement se recrée facilement. Avec son programme Une chouette, un village, la LPO vise l'installation de 3 000 nichoirs dans 60 départements, la plantation ou la restauration de 10 kilomètres de haies et la restauration de 1 500 hectares d'habitats autour des sites, avec des agriculteurs, des communes, des entreprises et des particuliers.
L'histoire de Manhattan montre qu'une effraie peut s'installer jusque dans une très grande ville, pourvu qu'elle trouve un abri tranquille et des proies. Garder un accès ouvert dans un clocher ou une grange, poser un nichoir adapté, conserver haies et prairies : ces gestes simples comptent beaucoup pour cette chouette discrète.
Le bon geste
- Signale à ta commune ou à la LPO un clocher, un grenier ou une grange où une effraie a niché, surtout avant des travaux de rénovation.
- Renseigne-toi auprès de la LPO de ta région pour installer un nichoir à effraie adapté dans un bâtiment calme.
- Préfère les pièges mécaniques et la prévention aux raticides contre les rongeurs, pour épargner les chouettes qui les chassent.
- Lève le pied la nuit sur les petites routes en lisière des villes, car les collisions avec les véhicules comptent parmi les menaces qui pèsent sur l'effraie.
- Si tu trouves une chouette blessée ou au sol, place-la dans un carton aéré au calme et au noir, sans la nourrir, et appelle un centre de soins de la faune sauvage.
En cas de doute, appelle un centre de soins de la faune sauvage avant toute manipulation.
Questions fréquentes
Où vit la chouette effraie en France ?
L'effraie des clochers se reproduit dans presque toute la France métropolitaine. Elle niche dans les bâtiments, comme les clochers, les pigeonniers et les greniers, et chasse surtout des petits rongeurs dans les espaces ouverts.
Que faire si je trouve une chouette effraie blessée ?
Approche-la doucement avec un linge, place-la dans un carton aéré, fermé, au calme et dans l'obscurité. Ne lui donne ni à manger ni à boire, et appelle sans attendre un centre de soins de la faune sauvage.
Puis-je garder une chouette chez moi le temps qu'elle guérisse ?
Non. Un oiseau sauvage ne peut pas être détenu sans autorisation, et une chouette a besoin de soins spécialisés. Ton rôle est de la mettre en sécurité puis de la confier à un centre de soins.
Coup de Patte informe et oriente, sans remplacer l'avis d'un centre de soins de la faune sauvage ou d'un vétérinaire.


