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Marseille lance « L'Appel de la Nuit », un atlas pour protéger les animaux de la nuit

Publié le · Rédaction Coup de Patte · 4 sources

Marseille vient de lancer « L'Appel de la Nuit », un atlas de la biodiversité nocturne prévu sur trois ans. Le but : repérer où l'éclairage public gêne chauves-souris, chouettes, hérissons et papillons de nuit, puis tester des solutions sur trois sites pilotes. Une démarche qui peut inspirer d'autres villes, et des gestes que tu peux appliquer chez toi.

Marseille lance « L'Appel de la Nuit », un atlas pour protéger les animaux de la nuit

Un atlas de la biodiversité nocturne, une première pour Marseille

La Ville de Marseille a officiellement lancé son Atlas de la biodiversité communale nocturne, baptisé « L'Appel de la Nuit », à l'occasion du Jour de la Nuit, les 9 et 10 octobre 2026. Selon le site de la Ville, c'est le premier atlas de ce type pour la commune. Le programme s'étale sur trois ans et bénéficie du soutien de l'Office français de la biodiversité.

Le travail de terrain est confié à plusieurs partenaires techniques : le Cerema, le Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d'Azur, la LPO et le Groupe Chiroptères de Provence, spécialiste des chauves-souris. Le Conservatoire rappelle que l'objectif est aussi de mobiliser les habitants pendant toute la durée du projet, pour mieux connaître et préserver la vie qui s'active une fois le soleil couché.

Pourquoi la lumière la nuit pose problème aux animaux

La Ville rappelle qu'à l'échelle mondiale, les espèces nocturnes représentent 30 % des vertébrés et 60 % des invertébrés. Pour elles, l'obscurité n'est pas un détail : c'est leur milieu de vie. Or un lampadaire qui sécurise un chemin pour les passants peut aussi couper la route de certains animaux.

Le média La Clé publique, qui détaille le projet dans un article du 9 octobre 2026, cite deux exemples parlants. Les chauves-souris évitent les zones éclairées et peuvent renoncer à des trajets entre leurs gîtes et leurs terrains de chasse. Les papillons de nuit, eux, sont attirés par les lampes et s'y retrouvent piégés. Conséquence : un espace vert, même bien préservé, ne suffit pas toujours si la lumière empêche les animaux d'y accéder ou de le traverser.

C'est tout l'enjeu de la trame noire, ou trame sombre : un réseau de couloirs restés dans l'obscurité, qui permet à la faune nocturne de circuler d'un milieu à l'autre.

Trois sites pilotes, de la rivière urbaine aux îles du Frioul

Concrètement, l'atlas va croiser deux types de données : les observations d'animaux et des mesures de la lumière artificielle, pour cartographier les zones où l'obscurité est préservée et celles où elle a disparu. La Clé publique précise que le Cerema avait déjà étudié la pollution lumineuse de la métropole Aix-Marseille-Provence en 2023, à partir d'images satellites et de mesures de terrain.

Trois sites serviront de laboratoires. Les îles du Frioul, déjà engagées dans une démarche d'île durable. Le Jarret, cours d'eau à ciel ouvert autour de la Ravelle, dans le 13e arrondissement, où vivent notamment la chouette hulotte, le pic épeichette et la bergeronnette des ruisseaux, mais aussi des hérissons et des rainettes. Enfin la Denise, une friche urbaine naturelle du 11e arrondissement, où des associations impliquent déjà les riverains.

Après le diagnostic, plusieurs pistes seront testées : LED ambrées, mâts abaissés ou réorientés, baisse de l'intensité ou extinction en cœur de nuit. La Ville prévoit de consulter les usagers de ces lieux, puis de bâtir un plan d'actions pour réduire la pollution lumineuse, avec à la clé des économies d'énergie.

Une idée qui peut inspirer d'autres villes

L'intérêt de cette démarche tient dans sa méthode : observer d'abord, mesurer ensuite, agir enfin, en associant les naturalistes et les habitants. Les sciences participatives font partie du programme, avec par exemple le comptage et la reconnaissance des papillons de nuit, ou des sorties pour écouter chauves-souris et rapaces nocturnes.

Et la question ne concerne pas que les grandes villes. La Ville de Marseille rappelle qu'en moyenne, l'éclairage public pèse 37 % de la facture d'électricité d'une commune. Éclairer mieux, et parfois moins, peut donc profiter à la fois à la faune et aux finances locales. Si ta commune réalise un atlas de la biodiversité, c'est une bonne occasion de demander si la nuit y a sa place.

Le bon geste

  1. Éteins les lumières extérieures inutiles de ton jardin, de ta terrasse ou de ton balcon en cœur de nuit.
  2. Oriente tes éclairages vers le sol et choisis, si tu dois éclairer, une lumière chaude et peu intense plutôt qu'un projecteur blanc.
  3. Ferme volets ou rideaux le soir pour que la lumière intérieure ne déborde pas sur les arbres et les haies.
  4. Participe aux sorties nature et aux comptages de sciences participatives organisés près de chez toi pour mieux connaître la faune nocturne.
  5. Si tu trouves une chauve-souris, une chouette ou un hérisson en détresse, ne le touche pas à mains nues, ne lui donne ni à manger ni à boire, et appelle un centre de soins de la faune sauvage, que l'application Coup de Patte t'aide à trouver.

En cas de doute, appelle un centre de soins de la faune sauvage avant toute manipulation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que L'Appel de la Nuit à Marseille ?

C'est l'Atlas de la biodiversité communale nocturne de Marseille, lancé en octobre 2026 pour trois ans. Il vise à inventorier la faune active la nuit, à cartographier les zones encore sombres et à tester des solutions d'éclairage moins gênantes pour les animaux.

Pourquoi l'éclairage public dérange-t-il les chauves-souris ?

Beaucoup de chauves-souris évitent les zones éclairées. Un lampadaire mal placé peut les dissuader d'emprunter le trajet entre leur gîte et leurs terrains de chasse.

Qu'est-ce que la trame noire ?

C'est un réseau de zones et de couloirs préservés de la lumière artificielle, qui permet aux animaux nocturnes de se déplacer, de se nourrir et de se reproduire. Elle complète la trame verte, faite de végétation, et la trame bleue, faite de cours d'eau.

Coup de Patte informe et oriente, sans remplacer l'avis d'un centre de soins de la faune sauvage ou d'un vétérinaire.

À lire aussi

Sources de cet article

  1. « L'Appel de la Nuit » : un projet pour préserver la biodiversité nocturne, Ville de Marseille, 5 octobre 2026
  2. Du Jarret au Frioul, Marseille cherche où la lumière gêne les animaux de la nuit, La Clé publique, 9 octobre 2026
  3. La Ville de Marseille lance « l'Appel de la Nuit », Conservatoire d'espaces naturels PACA, 2 octobre 2026
  4. Marseille. Un atlas pour mieux connaître la biodiversité nocturne, Destimed, 9 octobre 2026

Les faits cités proviennent de ces sources, consultées à la date de publication. Les textes sont reformulés par la rédaction de Coup de Patte.