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Chauves-souris en ville : une étude montre que la ville les abrite des caprices de la météo

Publié le · Rédaction Coup de Patte · 4 sources

Une étude parue en octobre 2026 dans la revue iScience a écouté les chauves-souris de 27 sites urbains et ruraux en Israël. En ville, les espèces généralistes chassent même quand il fait plus frais ou plus venteux, mais la campagne reste plus riche en espèces.

Chauves-souris en ville : une étude montre que la ville les abrite des caprices de la météo

Ce que les chercheurs ont mesuré

L'article s'intitule en anglais Urban habitats offer buffered environmental conditions for city-dwelling bats, autrement dit les milieux urbains offrent des conditions amorties aux chauves-souris des villes. Il est paru dans le numéro d'octobre 2026 de la revue scientifique iScience. Parmi ses sept auteurs figurent Jianan Ding, Arjan Boonman, de l'Institut Max Planck du comportement animal et Yossi Yovel.

L'équipe a installé de petits enregistreurs d'ultrasons sur 27 sites en Israël, 12 en ville et 15 à la campagne, répartis sur près de 300 kilomètres, d'un nord tempéré et humide à un sud semi-aride. Chaque appareil était placé à moins de 20 mètres d'une station météo. Les chercheurs ont ainsi pu relier chaque cri de chasse aux conditions du moment : température, humidité, vent, lumière de la lune.

Au total, plus de 1 150 nuits ont été enregistrées, du 1er août au 13 octobre, pour plus de 95 000 détections de chauves-souris. Onze espèces ont été identifiées.

La ville, un abri contre le vent et la lune

À la campagne, les chauves-souris évitent nettement le vent. Il leur fait perdre de la chaleur, brouille leur écholocation et cloue au sol les insectes qu'elles chassent. En ville, les espèces généralistes semblent beaucoup moins gênées. Elles sortent même par des nuits plus fraîches, plus humides ou plus venteuses que leurs cousines des champs.

La lune aussi change la donne. Dans les campagnes, l'activité baisse souvent quand la nuit est claire, sans doute parce que les prédateurs voient mieux. En ville, la plupart des espèces ne réagissent pas à la lune, probablement parce que l'éclairage public la rend presque invisible.

Selon le compte rendu de l'étude publié par le site Bioengineer, les sites urbains étaient en moyenne environ 2 °C plus chauds que les sites ruraux. Les auteurs avancent plusieurs explications : une nourriture plus régulière, des parcs arrosés, des bassins dans une région où l'eau est rare, et l'abri offert par les bâtiments. L'activité en ville est aussi restée plus stable à l'approche de l'automne, ce qui suggère une saison de chasse plus longue.

Mais la ville ne remplace pas la nature

Le revers est clair. Les 11 espèces étaient présentes à la campagne, contre 8 seulement en ville. Les espèces spécialistes, les plus sensibles à la météo, n'ont été trouvées que hors des villes. Et sept des espèces communes aux deux milieux étaient plus actives à la campagne.

Une exception ressort : le molosse de Cestoni, plus actif en ville, où il trouve souvent ses gîtes. Les auteurs restent prudents : ils comptent des cris et non des individus, l'étude n'a duré qu'environ deux mois et demi, et elle montre des liens sans prouver une cause.

Et en France ?

Le molosse de Cestoni vit aussi chez nous, uniquement sur le littoral méditerranéen. Une brochure diffusée par la ville de Toulon rappelle qu'il aime les falaises mais s'installe aussi dans les joints de dilatation des immeubles, parfois dans les coffres de volets roulants. Il fait partie des rares chauves-souris d'Europe dont le cri est audible, et il n'hiberne pas : il reste plus ou moins actif en hiver.

Comme toutes les chauves-souris, il est protégé partout en France : il est interdit de lui nuire ou de détruire son gîte. Le message de l'étude vaut pour tous les citadins : un bâtiment, un parc ou un point d'eau peuvent devenir un refuge, à condition de les laisser accessibles et tranquilles.

Le bon geste

  1. Ne touche jamais une chauve-souris à mains nues : enfile des gants épais ou fais-la glisser doucement dans une boîte.
  2. Place-la dans un carton percé de petits trous, dans un endroit calme, frais et ombragé, sans lui donner à manger.
  3. Appelle un centre de soins de la faune sauvage ou le réseau SOS chauves-souris de ta région, et ouvre l'application Coup de Patte pour trouver le centre le plus proche.
  4. Si tu as été mordu ou griffé, contacte ton médecin sans attendre.
  5. Laisse en place les fissures et joints où nichent les chauves-souris : leurs gîtes sont protégés par la loi.

En cas de doute, appelle un centre de soins de la faune sauvage avant toute manipulation.

Questions fréquentes

Les chauves-souris vivent-elles mieux en ville qu'à la campagne ?

Pas vraiment. Une étude parue dans iScience en 2026 montre que la ville protège certaines espèces généralistes du vent et des écarts de météo, mais elle abrite moins d'espèces que la campagne.

Quelle chauve-souris vit dans les immeubles du sud de la France ?

Le molosse de Cestoni, présent uniquement sur le littoral méditerranéen, s'installe parfois dans les joints de dilatation des immeubles ou les coffres de volets roulants. Son cri est audible par l'oreille humaine.

Que faire si je trouve une chauve-souris au sol ?

Ne la touche pas à mains nues. Mets-la avec des gants dans un carton aéré, au calme et à l'ombre, sans la nourrir, puis appelle un centre de soins de la faune sauvage ou un SOS chauves-souris.

Coup de Patte informe et oriente, sans remplacer l'avis d'un centre de soins de la faune sauvage ou d'un vétérinaire.

À lire aussi

Sources de cet article

  1. City Life Shields Bats From Weather Swings, Landmark Acoustic Survey Reveals, Bioengineer.org, 5 octobre 2026
  2. Urban habitats offer buffered environmental conditions for city-dwelling bats, iScience, via ResearchGate, 1 octobre 2026
  3. Le Molosse de Cestoni, Ville de Toulon
  4. SOS Chauves-souris, Société d'histoire naturelle d'Autun

Les faits cités proviennent de ces sources, consultées à la date de publication. Les textes sont reformulés par la rédaction de Coup de Patte.