Hérissons des villes : à Londres, la ville les isole jusque dans leurs gènes
Une étude publiée en avril 2026 montre que les hérissons de certains parcs londoniens ont perdu une part de leur diversité génétique, faute de pouvoir circuler. Bonne nouvelle : un simple passage dans une clôture peut déjà changer la donne, et c'est le bon moment de l'année pour agir.
Ce que révèle l'étude
Des chercheurs britanniques ont analysé l'ADN de hérissons d'Europe trouvés morts entre 2012 et 2022 dans le Grand Londres et dans les comtés voisins. Leurs résultats, parus le 22 avril 2026 dans la revue Ecology and Evolution, dessinent une carte inquiétante : trois des quatre populations londoniennes étudiées sont moins diversifiées génétiquement que celles de la campagne voisine du Hertfordshire.
Le cas le plus frappant est celui de Regent's Park, en plein centre de Londres. Ses hérissons ne conservent qu'environ 62 à 65 % de la diversité génétique mesurée chez les populations situées hors de la ville. Plus la part de surfaces urbanisées augmente autour d'un site, plus cette diversité baisse.
L'équipe a aussi modélisé les déplacements des animaux. En ville, ils se font surtout à travers les espaces verts, et en premier lieu les jardins. Les grandes routes et les fleuves agissent comme des murs : pour les hérissons du quartier de Barnes, un seul pont pourrait les relier aux populations situées au nord de la Tamise.
Pourquoi c'est important
Une petite population coupée des autres finit par se reproduire entre proches. Elle perd alors sa capacité à s'adapter aux maladies, au climat ou à une mauvaise saison. Ce mécanisme est discret, mais il fragilise l'espèce sur le long terme.
Les auteurs insistent sur un point encourageant : il suffit de très peu d'arrivées de nouveaux individus pour compenser cette érosion. Autrement dit, de petites améliorations de la circulation entre les jardins peuvent avoir de grands effets. Ce constat, établi à Londres, vaut aussi pour les villes françaises, où le hérisson est une espèce protégée.
L'automne, saison décisive
En octobre et en novembre, les hérissons mangent beaucoup pour accumuler les réserves qui leur permettront de passer l'hiver en hibernation. Ils parcourent alors de longues distances la nuit et croisent souvent routes, clôtures et piscines. C'est aussi la période où les tas de feuilles et de bois deviennent de précieux abris.
Le bon geste
- Ouvre un passage d'environ 13 cm sur 13 cm en bas de ta clôture, et propose à tes voisins d'en faire autant.
- Laisse un coin de jardin en désordre : tas de feuilles mortes, branchages, bois empilé.
- Vérifie l'absence d'animal avant de tondre, de débroussailler ou de brûler un tas de végétaux.
- Pose une planche en pente dans les bassins et les piscines pour qu'un hérisson tombé à l'eau puisse remonter.
- Si tu trouves un hérisson blessé ou dehors en plein jour, mets-le dans un carton avec un linge, au calme, et appelle un centre de soins de la faune sauvage.
En cas de doute, appelle un centre de soins de la faune sauvage avant toute manipulation.
Questions fréquentes
Que faire si je trouve un hérisson en plein jour ?
Un hérisson actif en journée est souvent en difficulté. Place-le dans un carton avec un linge, au calme et au chaud, sans le nourrir de force, puis appelle un centre de soins de la faune sauvage pour savoir quoi faire.
Puis-je donner du lait à un hérisson ?
Non, jamais. Le lait de vache le rend malade. Une coupelle d'eau fraîche est la seule chose utile à proposer à un hérisson de passage.
Ai-je le droit de garder un hérisson chez moi pour l'hiver ?
Non. Le hérisson est une espèce protégée en France : seul un centre de soins autorisé peut le prendre en charge. Ton rôle est de le mettre en sécurité et d'appeler un centre.
Coup de Patte informe et oriente, sans remplacer l'avis d'un centre de soins de la faune sauvage ou d'un vétérinaire.


